samedi 15 mars 2014

Pluie, soleil, vent, tempête, tout y est.

Vendredi 21 Février:

C'était à prévoir hier en fin de journée, la pluie est arrivée cette nuit. J'aime bien la pluie quand je suis roulé dans mon duvet, son crépitement sur la toile de tente, je me sens bien, comme dans un cocon, donc j'ai passé une bonne nuit, par contre au réveil ce n'est pas la même chanson.

Ma nouvelle tente Jamet a deux gros avantages, sa légèreté (1100 gr) et son prix imbattable (47€), je constate ce matin qu'elle a un énooooorme inconvénient, elle n'est pas franchement étanche. 

En fait elle le serait si j'arrivai à me caler au milieu sans bouger et en évitant que le sac à dos ou autre chose ne touche la toile, ce qui n'est pas facile et j'imagine ce que çà doit être à deux puisqu'elle est prévue pour. N'ayant pas de double toit, il suffit de toucher la toile pour qu'il y ait des infiltrations par capillarité, de plus la condensation y est très importante ce qui n'arrange rien.

J' avais bien repéré un modèle de tente ultralight pesant seulement 930 gr, avec double toit, fabriquée dans des matériaux nouvelle technologie, qui j'en suis sûr m'aurait tenu au sec, mais son prix était loin d'être ultralight, 450€ !
Je ne regrette pas non plus mon achat, compte tenu du prix, ce sera une excellente tente légère pour partir sur un week-end quand on est certain de la météo.

Heureusement le sursac, totalement étanche lui, conserve le sac de couchage parfaitement sec. Le sac à dos, bien que recouvert de sa housse anti pluie , commence à prendre l'humidité et ce qui s'y trouve aussi.

Autant mouillée à l'intérieur qu'à l'extérieur, la tente est repliée ainsi dans son sac, le matelas est dans le même état, avec un peu de chance j'aurai un peu de soleil dans la journée pour faire sécher çà rapidement avec le vent.

En remontant dans la pinède, je suis entré hier soir dans la réserve naturelle du Courant d'Huchet, qui comporte en particulier une zone marécageuse dont le marais de la Pipe et son étang.



C'est sous un ciel bien gris que je reprends mon chemin, bien qu'étant abrité du vent par la dune, on devine à voir le sommet des pins et à entendre le bruit de l'océan que la tempête n'est pas loin. 




Le parcours est plutôt agréable le long d'un petit sentier qui serpente dans une végétation fouillis, changeant des forêts de pins maritimes.



Parvenu à l'étang de la Pipe, je m'arrête quelques instants dans un abri permettant l'observation des oiseaux, il y a là quelques canards et surtout trois cormorans perchés sur des poteaux plantés dans l'étang à leur attention.

Après 2 ou 3 km, j'arrive sur un parking à partir duquel on peut aller à la plage d'Huchet, compte tenu de la météo je juge inutile de faire un kilomètre supplémentaire pour constater ce que je sais déjà, à savoir que le vent est trop fort pour reprendre la rando sur la plage.

Je suis la D328, sur un kilomètre environ avant de reprendre la piste cyclable qui va me mener à St Girons-plage.



Le long de cette piste je retrouve des files de chenilles comme le premier jour.






Depuis ce matin je n'ai plus d'eau et il me reste de la nourriture juste pour la journée, je ne suis pas certain d'en trouver à St Girons-Plage, qui me paraît bien petit sur la carte.

J'ai prévu de faire le plein d'eau au hasard de la route entre deux ravitaillements, ce matin ce sera dans une simple flaque, les impuretés sont tombées au fond, je peux remplir ma bouteille à moitié et y glisse une pastille de Micropur qui va la purifier en une heure.






C'est avec un timide retour du soleil que je parviens dans la localité en fin de matinée. 


Sans réelle surprise je constate que la station est quasiment déserte, et pour un ravitaillement il faudra attendre demain matin et si Contis est aussi mort ce sera journée complète à la diète jusqu'à Mimizan-Plage le soir.
Par contre je repère un chantier avec des ouvriers carreleurs et un tuyau d'eau qui coule, j'en profite pour quémander de quoi remplir ma bouteille.

Un petit tour sur le front de mer, vite fait, et retour vers les pistes intérieures beaucoup plus calmes et qui deviennent très agréable, car le vent a définitivement chassé les nuages. Je m'arrête en face d'un grand camping et son lot de bungalows le temps du pique-nique et j'en profite pour faire sécher la tente et un peu le matelas.







Il me reste une dizaine de kilomètres jusqu'au cap de l'Homy, plusieurs voies sont possibles je vais alterner entre la piste cyclable goudronnée, un chemin forestier empierré et une piste à travers la forêt, les paysages n'en sont que plus variés, de la forêt de pins maritimes au bois de chênes liège.




















Parvenu au cap de l'Homy, j'ai passé les 60 km donc je suis dans la moyenne que je m'étais fixé de 20 km par jour, et compte tenu que le premier jour fut en fait un après midi de 17 km, çà signifie qu'aujourd'hui j'ai dépassé ma moyenne, j'espère que la météo se maintiendra ainsi car même avec une matinée humide ce fut une belle journée.


Je commence à me faire à mon état de vagabond solitaire, déconnecté du monde, dans lequel n'a d'importance que marcher, boire, manger, se reposer, chaque jour, qu'il vente, qu'il fasse beau ou qu'il pleuve, si ce n'est seul au monde en tout cas seul dans la dune.

D'ailleurs ce soir j'aimerai bien m'installer dans la dune. Un peu après le cap de l'Homy je regagne la côte, gravis la dune pour y trouver un coin pour m'installer, mais arrivé en haut je me rends à l'évidence, je serai plus à l'abri derrière au pied de la dune. 








J'admire toutefois la plage sous le soleil et les oiseaux qui planent avec le vent pratiquement sans bouger, tels des deltaplanes, à moins que ce ne soient les deltaplanes qui jouent aux oiseaux.



Je redescends, m'enfonce dans un petit chemin le long de la dune et trouve un endroit couvert d'une mousse verdâtre sur laquelle je monte mon campement au milieu de petits sapins.










La soirée est calme, la tente presque sèche, demain soir je quitterai la côte pour l'intérieur des terres, afin de contourner le Centre d'Essais des Landes dont la traversée est interdite.




Ce soir l'océan tout proche se fait entendre davantage, c'est d'ailleurs bizarre, dans la journée même seul et au calme je n'y prête pas attention alors que le soir venu et la nuit, ce bruit prend tout son relief, me berce, m'endort.







vendredi 14 mars 2014

Une journée à la plage.

Jeudi 20 Février:


Installé à la tombée de la nuit au soir de ma première journée, je me réveille à l'aube avec les premières lueurs et n'attend guère pour me lever. Je n'ai pas oublié que la chasse est encore ouverte pour quelques jours et la zone de marécage dans laquelle j'ai trouvé refuge hier est sans doute propice à cette activité. 


Je fais rapidement un brin de toilette dans une grande mare en contrebas de la butte couverte de fougères au creux desquelles j'ai planté ma tente, puis je plie bagage tout en grignotant mon petit déjeuner.

Il est à peine plus de 8h lorsque je quitte mon campement, remonte le sentier qui mène sur la route du camping, 2 km plus loin la plage m'attend.

Au niveau du camping je croise un homme, visiblement chasseur si j'en crois ses vêtements, et son chien, j'avais vu juste au sujet de la chasse.


Celui ci connait quelques problèmes, étant enlisé avec son véhicule dans le sable d'un sentier. Je lui propose de l'aider à se dégager mais il préfère faire appel à un ami pour le dépanner avec un véhicule et me demande de lui prêter mon téléphone, ce que je m'empresse de faire, préférant moi aussi cette solution plutôt que de passer une demi-heure à tenter de le dégager; appel passé, je lui souhaite du courage pour la suite.





Je file enfin vers la plage dont l'entrée est marquée par un blockhaus vestige du "Mur de l'Atlantique"...



... "magnifique" ligne d'ouvrages rappelant les talents architecturaux de l'armée allemande qui savait bâtir solide à défaut de bâtir esthétique.


Une fois passée la dizaine de mètres de large encombrée des détritus dont je vous ai déjà parlé, on retrouve le sable dur, vierge et propre sur lequel il devient agréable de marcher. La marée est basse et de ce fait les vagues sont moins formées. 


J'ai aussi une grande surprise ce matin, pour remplir le paysage on a monté cette nuit une chaîne de montagne, qui n'était pas là hier, à moins que ce ne soit la brume qui l'ait voilé la veille à mon arrivée.

Les contreforts des Pyrénées, avec quelques sommets enneigés, apparaissent au loin derrière les derniers bâtiments d'Hossegor, alors que plus à l'ouest la côte cantabrique se dessine jusqu'à l'horizon. 



A Hossegor et Seignosse-Océan les tractopelles ont commencé leur travail de nettoyage, enlevant une partie des déchets apportés par la mer en attendant la livraison des prochaines grandes marées à venir dans quelques jours.






Je reprends ainsi mon chemin sur la plage, la mer ne charrie pas que des détritus, on y trouve une quantité importante de bois flotté, tourmenté à souhait, de quoi réaliser de beaux objets de décoration, jusqu'à des arbres presque entiers. 

Les dernières tempêtes ont mangé une partie des dunes et c'est une sorte de mur de sable qui maintenant longe la plage, ici il n'est pas très haut ni trop raide, mais plus au nord cela peut devenir un piège à marée haute.



Si la tempête ronge les dunes, elle peut apporter aussi des surprises comme cette épave normalement enfouie sous le sable. 




Un promeneur, habitué des lieux, m'explique que celle ci apparaît de temps en temps lors des grandes marées avant d'être recouverte à l'approche de l'été par le sable, des lambeaux de la structure du navire ressortent çà et là, espacés sur 70 m.









Après une dizaine de kilomètres j'arrive à Vieux Boucau où une digue bloque les déchets qui s'amoncellent ici plus qu'ailleurs, au milieu de ceux ci je remarque les restes d'un dauphin mort.



A Vieux Boucau, dans l'océan se déversent les eaux du lac marin de Port d'Albret lui même alimenté par les eaux du lac de Soustons à l'intérieur des Landes, des barrages permettent de réguler l'entrée et la sortie des eaux entre lac et océan, et par eux on accède à la localité. 











Malgré quelques promeneurs, la station est en état d'hibernation, comme je l'avais un peu prévu tous les commerces sont fermés, heureusement j'ai prévu de la nourriture pour la journée et le lendemain. 


A l'approche du front de mer les rues sont couvertes de sable, là aussi il y aura du nettoyage à faire avant les vacances de Pâques.

Je regagne la plage où je m'arrêterai pour un pique-nique bien agréable sous un soleil qui perce enfin la couche nuageuse, en profitant pour remplacer le pantalon de rando par le boxer-short, c'est ainsi que je poursuivrai cet après midi printanier en boxer et tee-shirt, parfois pieds nus sur le sable la rando prend des airs de vacances.


J'ignore si à Moliets-Plage je pourrai traverser le courant d'Huchet qui se jette dans l'océan, ce qui me permettrait de poursuivre demain le long de la côte, aussi en fin d'après midi je fais une petite halte et en profite pour patauger encore quelques minutes dans l'eau froide ce qui procure un effet fantastique de délassement des jambes après ma longue marche, le soleil se voilant je renfile pantalon de rando et blouson pour la fin de journée.




Approchant de Moliets-Plage j'aperçois à nouveau quelques personnes, pêcheur et promeneurs, finalement assez nombreux ici.

Comme je l'avais un peu pressenti en raison des gros coefficients de marées et des pluies des semaines passées, le courant d'Huchet est infranchissable, il n'est pas très large mais semble trop profond pour traverser avec le sac à dos et surtout le courant y est très fort, il me faudra ce soir encore regagner l'intérieur des terres. 


Je commence à remonter ce cours d'eau qui forme plus loin une petite lagune, un photographe a planté là son appareil sur un pied, je passe sans lui demander le sujet de son prochain cliché, oiseaux à l'abri ici ou la vue d'un coucher de soleil incertain, ce n'est que beaucoup plus tard que m'est venue l'idée qu'il attendait un mascaret. 
Le mascaret est un phénomène que je connais bien pour l'avoir vu de nombreuses fois sur la Dordogne quand nous avions la Gabare de Gironde de notre association, il s'agit d'une vague qui se forme à la rencontre du courant de marée qui monte avec le cours d'eau à l'opposé. 

Ce soir encore les grandes marées vont envahir cette lagune et à la rencontre avec le fort courant que j'ai vu, à l'endroit le plus étroit, il y a de grandes chances pour que se forme un mascaret d'un bon mètre de haut.
J'y ai pensé trop tard, j'avais déjà fait 2 kilomètres et planté ma tente dans les taillis, dommage j'ai sans doute raté un beau spectacle et une belle photo.




Après cet après midi plutôt agréable, la grisaille gagne sérieusement le ciel, à 19h il fait presque nuit, l'installation de la tente est rapide, quelques minutes seulement, elle est plus exiguë que ma tente « hiver », je m'allonge aussitôt sur le duvet ce qui repose mon dos, plus marqué que les jambes par la fatigue, repas rapide, un peu de lecture, extinction des feux. Les nuits sont à double facettes, le côté désagréable du manque de confort me réveillant dix fois dans la nuit, et le bonheur de me sentir seul dans la pinède avec le grondement ou ronronnement du reflux des vagues, selon que la marée monte ou descend, en fond sonore.







jeudi 13 mars 2014

HOMO-DETRITUS, tu es un porc!

En cet hiver, avec la répétition des tempêtes sur l'océan Atlantique, nos plages sont submergées de détritus de toutes sortes, des tonnes d'ordures qui vont polluer nos côtes et la mer, et qu'il faudra évacuer pour rendre les lieux propres au printemps.












D'où viennent ces déchets rejetés à chaque marée:

Une part est déversée dans l'océan par les fleuves et rivières qui ont subi une montée des eaux, emportant ainsi tout ce que l'homme « Homo-Detritus » a jeté dans ces eaux ou sur les rives dans des décharges sauvages, ces déchets proviennent de notre sud-ouest et du nord de l'Espagne.

Une autre part vient du fait des professionnels de la mer, ce qui peut paraître encore plus incompréhensible.         


Comment un homme ayant à priori une attirance pour le milieu marin, peut à ce point le mépriser ?




Hélas, les marins ne sont pas les seuls, on rencontre le même genre de comportement en montagne, les camps de base dans l'Himalaya sont devenus au fil du temps de vastes décharges.




Je crois que jamais je ne comprendrai comment un alpiniste qui monte à une telle altitude, dans un environnement aussi somptueux, avec des bouteilles d'oxygène ou des conserves pleines, n'arrive pas à les redescendre vides! C'est un mystère.


La mer a toutefois un gros avantage sur la montagne, elle rejette généreusement ce que l'homme lui a servi en la prenant pour une poubelle.



Malheureusement ceux qui nettoient les plages ne sont pas ceux qui souillent nos rivières, nos campagnes, nos océans.



En se promenant le long des plages, on trouve de tout, du récipient plastique au filet de pêche en passant par les aérosols ou bouteilles en verre, qui se mêlent au bois flotté légitime ici.



A proximité des stations le ramassage s'effectuera avec des pelleteuses, un peu plus loin on fera appel aux bénévoles, le plus dur du travail étant de récolter les millions de petits déchets qui jonchent le sol.



Dans quelques semaines les plages redevenues présentables pourront accueillir les premiers touristes qui auraient été offusqués de voir des côtes souillées, mais qui, n'en doutons pas, sauront apporter leur contribution pour les rendre immondes en fin de saison.
Là aussi le constat est le même à la montagne, il suffit de se promener sous un télésiège à la fonte des neiges pour comprendre qu' Homo-Detritus sévit partout.



Non, la mer n'est pas une poubelle !

"Nous n'héritons pas de la terre de nos ancêtres, nous l'empruntons à nos enfants" …

ne l'oublions pas.


mercredi 12 mars 2014

Vers les plages de l'Atlantique

Mercredi 19 Février:

Par la fenêtre du train qui m'emmène à Saint Vincent de Tyrosse, je peux contempler une partie de la forêt landaise qui sera bientôt mon quotidien, de gros nuages gris voilent régulièrement le soleil qui fait des apparitions plus nombreuses à l'approche du Pays Basque voisin, quelques averses me rappellent la période de temps pluvieux et tempétueux qui vient de s'achever, j'espère alors que les prévisions météo entrevues les jours derniers seront fiables et qu'un temps plus clément m'accompagnera pour mon voyage.


Je m'imagine bien profitant des premiers rayons du soleil printanier, en longeant les plages de l'Atlantique, en marchant en fin d'après midi dans l'eau pour me délasser les jambes et, pourquoi pas, goûter à une petite baignade à poil dans les vagues de l'océan; hélas les jours suivants me ramèneront vite à la réalité, la fiabilité des prévisions météo au delà de 48 heures n'est vraie que lorsque un puissant anticyclone couvre la moitié de l'Europe et de l'Atlantique, adieu donc soleil printanier, bonjour pluies et tempêtes.

A ma sortie de la gare, quelques flaques couvrent le sol mais le soleil revient, je me charge du sac à dos, c'est parti pour 2 à 3 semaines. Arrivé à 14h30, il me reste un peu moins de 4 heures pour parvenir sur la côte à Seignosse-Océan jouxtant Hossegor, à une quinzaine de kilomètres. 

A la sortie de Saint Vincent de Tyrosse je suis la route, passe au dessus de l'autoroute, et parviens ainsi à Saubion puis Seignosse où je m'arrête pour un ravitaillement prévu pour 2 jours, charcuterie, fromage, barres céréales, abricots secs, bananes séchées, plus 1 litre d'eau, de quoi ajouter 2 kilos à mon sac à dos qui reste malgré tout d'un poids correct à 13 kg.







A partir de Seignosse, je peux suivre la piste cyclable qui longe la route, ne rencontrant qu'un cycliste et un skateur. 



J'en profite quand même pour faire les premières photos, de la route, de la piste, d'un petit groupe de chenilles, j'essaie toutefois de ne pas perdre trop de temps et arrive vers 18 h sur la plage de Seignosse-Océan.

La première vision de l'océan, aperçu un peu avant de déboucher sur la plage, est idyllique. 




Le soleil bientôt couchant, le sable, les vagues et une mer plutôt calme, en font un tableau magnifique. 


Hélas en mettant les pieds sur la plage le désenchantement est de taille, la seconde vision est bien moins agréable, des monceaux de déchets de toute sorte souillent le sable le long de la dune, la tempête des derniers jours a ramené sur la côte des tonnes de détritus.

Je commence à longer la plage sur quelques centaines de mètres et il me faut penser maintenant à trouver un coin pour mon premier bivouac. 

Le vent, sans être fort , me pousse à rentrer dans les terres, je remonte le long d'une route, passe un camping qui n'a plus du camping que le nom, étant devenu village de mobil-home, et 300 mètres plus loin, malgré des panneaux indiquant clairement les diverses interdictions dont le camping sauvage, je m'engage dans un sentier qui mène dans une zone marécageuse où je vais trouver un coin au calme pour planter ma tente alors que la nuit arrive rapidement.


L'interdiction du camping sauvage est générale dans toute la pinède que ce soit dans les Landes ou la Gironde, toutefois je sais aussi que le bivouac est à priori autorisé partout. 

Malgré tout je resterai chaque soir très discret dans mon installation, n'ayant pas envie de devoir faire une longue dissertation sur les différences et nuances entre bivouac et camping sauvage.




La nuit tombée, je grignote mon premier repas de vagabond avant de m'endormir avec le grondement lointain des vagues.
















lundi 10 mars 2014

"Tout le monde peut le faire" - Nils Géricot


« Tout le monde peut le faire »
Oui, Nils, tu as raison, tout le monde peut le faire. 
Parcourir près de 4000 kilomètres à vélo comme tu l'as réalisé, à raison de 40 ou 60 kilomètres quotidiennement, selon ses capacités, dès l'instant où on sait faire du vélo, on peut le faire, et marcher sur près de 400 kilomètres lors d'une randonnée comme la mienne est à la portée de tout le monde, dès lors qu'on n'est pas handicapé.

Il suffit de le décider, d'avoir un peu de volonté, de ténacité pour ne pas renoncer dans les moments un peu plus difficiles, mais nul besoin de capacités physiques particulières, on peut dire que j'ai un certain âge et n'ai jamais eu un gabarit exceptionnel, alors si je l'ai fait c'est que tout le monde peut le faire.

De retour de cette randonnée, je peux calculer la distance parcourue réellement sur le site « Openrunner.com ». Je pensai parcourir environ 350 km dont les ¾ le long des plages de la côte atlantique, mais la météo et les tempêtes en ont décidé autrement et la plus grande partie de mon parcours fut sur les pistes intérieures, ce qui a un peu allongé la randonnée.
Au total 390 km environ, avec la promenade de ma journée de repos, dont un peu plus de 370 km à pied et 17 km en voiture, auxquels il faut ajouter la traversée de la Gironde par le bac de Royan et le contournement du bassin d'Arcachon en autocar, la traversée bateau étant impossible.

Même si la vision d'un pays est différente selon le mode de transport emprunté et la durée du voyage, ce n'est pas tant la découverte de la région qui m'a poussé au départ, les trois départements traversés me sont bien connus, c'est surtout un défi qu'on se lance en contemplant une carte, « suis-je capable d'aller à pied de là à là ? ». Et puis, toujours le sentiment de liberté qu'on éprouve à parcourir les chemins de cette façon avec sa part d'inconnu, partir chaque matin dans une direction mais sans savoir vraiment où on va passer, ce qu'on va rencontrer ni où on s'arrêtera pour dormir, simplement avancé vers le but à atteindre un jour, en prenant son temps.

«Et si la liberté consistait à posséder le temps?
Et si le bonheur revenait à disposer de solitude, d'espace et de silence- toutes choses dont manqueront les générations futures » Sylvain Tesson.

Cette année, on s'étonne moins de me voir partir ainsi, même si j'en vois encore certains être surpris, et surtout l'inquiétude n'est plus de mise.
Il y a plusieurs temps dans la préparation d'une petite aventure comme celle ci, je savais déjà que je partirai en février mais sans avoir fait un choix d'itinéraire, vagabonder étant le principal.
Dans un premier temps on envisage plusieurs projets, puis viens l'heure du choix et le moment de se persuader que c'est un bon plan, enfin viens l'instant où on annonce son voyage à son entourage, en fait, c'est là un moment charnière, celui on ne peut plus reculer; jusque là le renoncement était possible restant caché en nous, mais après avoir exposé son projet, y renoncer serait passer pour un « foie jaune » tout juste bon à être couvert de goudron et de plumes! Le retour en arrière devient impossible.

A partir de cet instant, le voyage est déjà commencé, la préparation du matériel, un vague itinéraire envisagé, puis le jour où on tourne la clef dans la serrure, c'est parti.

Pour moi, rouler jusqu'à Ste Soulle, près de La Rochelle, où je laisse ma voiture, voyage en train de La Rochelle à Bordeaux, puis de Bordeaux à Saint Vincent de Tyrosse le lendemain, je descends du train, sors de la gare, 400 km m'attendent.